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Monsieur
le Député/Sénateur,
Les associations lesbiennes et homosexuelles signataires, regroupées
au sein du collectif C.I.GA.LE, souhaitent vous interpeller
sur la signature par un certain nombre d'élus nationaux du manifeste
rédigé par les coordinateurs de l'Entente parlementaire pour
la "défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli
et de s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une
mère".
C'est
un fait. Il existe aujourd'hui en France de nombreuses configurations
familiales dans lesquelles les enfants ne vivent pas avec deux
parents légaux : familles monoparentales, familles recomposées,
familles homoparentales.
Doivent-ils pour autant être montrés du doigt et rejetés ? Faut-il
considérer qu'ils sont en danger ? Sur quels critères scientifiques
s'appuient les signataires pour déterminer que ces situations
familiales seraient nuisibles à leur développement et à leur
épanouissement ? Inversement, sur quels principes, autres qu'idéologiques
s'appuient-ils pour affirmer qu'une famille composée d'un père
et d'une mère garantit, à elle seule, l'épanouissement d'un
enfant ?
Nous craignons que ce texte ne cherche à légitimer une enfance
à deux niveaux avec des enfants " normaux " qui ont pour parents
un couple composé de leur mère et de leur père biologiques et
les autres ? Les signataires de l'Entente parlementaire ouvrent
la porte à des hiérarchies entre ces enfants.
La République française a la responsabilité de considérer de
la même manière tous les enfants quel que soit le contexte de
leur naissance, en respectant en premier lieu les liens qui
les lient à celles et à ceux qui sont leurs parents de fait
dans la vie de tous les jours ? Aujourd'hui, il n'est plus concevable
qu'il y ait des enfants illégitimes et, par conséquent, des
parents illégitimes ?
Nous
vous proposons de nous entretenir avec vous de ces questions,
de vous informer sur la réalité des familles homoparentales
de votre circonscription et des injustices subies par ces enfants
auxquels l'Etat ne reconnaît qu'un seul parent légal, le parent
biologique. Ce faisant, c'est faire abstraction de leur second
parent. C'est mépriser la force des liens que ces enfants développent
avec eux et leurs familles élargies, liens qu'il incombe à l'Etat
de garantir par-delà les aléas de la vie.
Ce sera également l'occasion de vous présenter la synthèse des
études menées dans les pays étrangers et des dispositions juridiques
prises par un nombre croissant de nos partenaires européens
pour l'égalité des droits entre personnes hétérosexuelles et
homosexuelles.
Nous
vous remercions de votre attention et nous sommes à votre disposition
au moment qui vous conviendra pour un rendez-vous.
Nous
vous prions de croire, (sénateur, député), en l'expression de
notre haute considération.
pour
le Collectif C.I.GA.LE.,
Alida THUES,
Présidente.

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